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Au Maroc, la «vallée des roses» rêve d’un label bio

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Le royaume a produit 3 600 tonnes de «Rosa damascena» en 2020, qu’il exporte principalement sous forme d’eau florale et de fleurs séchées.

Izza Aït Ammi Mouh, comme les cueilleuses de son équipe, gagne 3 dirhams (environ 0,28 euro) pour chaque kilo de roses ramassées à la main, avant la distillation en eau florale ou en huile essentielle, précieux extrait vendu au Maroc jusqu’à 15 000 euros le kilo.

«On gagne juste de quoi vivre», souffle-t-elle, mains gantées contre les épines, tête couverte contre le chaud soleil printanier de la «vallée des roses», dans le sud du royaume.

La récolte commence à l’aube, il faut environ six heures pour remplir les gros sacs que les femmes transportent sur leur tête jusqu’à la pesée. Mais Izza, une Berbère âgée d’«environ 40 ans» – elle ignore son âge exact et ne sait pas épeler son nom – ne se plaint pas.

Ce travail saisonnier lui permet de «nourrir sa famille de cinq personnes» grâce aux 20 kg récoltés chaque jour pendant la floraison, qui dure environ un mois.

Au printemps, l’odeur entêtante de la Rosa damascena – la rose de Damas, une variété apportée selon certains par des voyageurs au temps du commerce caravanier – embaume la vallée, irriguée par deux oueds, entre les montagnes de l’Atlas et le désert du Sahara.

Ici, tout tourne autour de cette fleur : le nom des hôtels, la couleur des taxis, les produits cosmétiques des innombrables boutiques, les colliers proposés par des enfants le long des routes, la sculpture monumentale ornant le rond-point de Kelaat Mgouna et son festival annuel qui attirait des milliers de visiteurs avant la pandémie de Covid-19.

Un marché dominé par la Bulgarie et la Turquie

«La rose, c’est le seul moyen de travailler dans la vallée», résume Najad Hassad, 35 ans. Elle se félicite d’avoir quitté son emploi dans une usine d’emballage pour devenir gérante de la coopérative Rosamgoun, une distillerie créée par deux sœurs cultivatrices.

La paie est bien meilleure, 2 500 dirhams par mois (environ 230 euros, soit presque le salaire minimum au Maroc), contre 400 dirhams à l’usine. Et elle se sent «en famille» dans cette unité de cinq salariés.

La distillation permet de produire de l’eau florale et de l’huile essentielle, vendues dans la boutique avec leurs dérivés cosmétiques. Le gramme d’huile essentielle enchâssé dans une boîte minuscule coûte 170 dirhams, soit environ 15 000 euros pour un kilo, qui nécessite entre quatre et cinq tonnes de fleurs.

Rochdi Bouker, président de la Fédération interprofessionnelle marocaine de la rose à parfum (Fimarose), voit la rose comme «un moteur de développement local» en misant sur la vogue mondiale pour des matières premières naturelles et le bio.

Son objectif : obtenir un label bio pour l’ensemble de la vallée, afin de valoriser ses roses sur un marché dominé par la Bulgarie et la Turquie, premiers producteurs de roses à parfum. «On a de la chance d’être pauvres, on ne traite pas ou très peu, notre vallée n’est pas imprégnée de pesticides ou d’insecticides», affirme-t-il.

Selon lui, il faut soutenir la distillation en coopérative «pour améliorer les conditions de vie et lutter contre l’exode rural». Et pour augmenter les revenus, il faut «développer les dérivés qui rapportent le plus» : l’huile essentielle et la concrète, un extrait obtenu par solvant et qui, une fois filtré, donne «l’absolu» de rose, très prisé par la parfumerie de luxe.

Les exportations se résument pour l’essentiel à l’eau florale et aux fleurs séchées. Le reste est confidentiel : environ 50 kg par an pour l’huile essentielle et 500 kg pour la concrète, loin des volumes industriels bulgares et turcs, selon la Fimarose.

«Malheureusement, le Covid-19 bloque tout»

«Les premiers acheteurs sont les touristes. Malheureusement, le Covid-19 bloque tout», explique Mohamed Kaci. Ce quadragénaire a débuté avec un alambic ; il emploie aujourd’hui 30 salariés dans son entreprise spécialisée dans les cosmétiques.

Avec la crise sanitaire, le prix des fleurs fraîches a baissé d’environ 30 % depuis la dernière saison, après un épisode de hausse lié aux efforts du ministère marocain de l’agriculture pour développer la filière, attirer les investisseurs et augmenter les rendements – 3 600 tonnes de fleurs en 2020, sur environ 950 hectares, selon les chiffres de la fédération.

Mais Hafsa Chakibi reste optimiste. Cette Franco-Marocaine de 30 ans a créé sa société en 2016, après un diplôme universitaire en chimie, en tablant sur le bio, les petits volumes et la distillation «traditionnelle» en alambic de cuivre.

Son eau florale «pure et naturelle» a très vite trouvé des clients «qui cherchaient un plus» au Canada, en Chine, au Royaume-Uni, en France et aux Pays-Bas. Et elle espère se lancer «bientôt» dans la concrète bio, à plus forte valeur ajoutée.

Avec AFP

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Energies renouvelables au Bénin : Dona Jean-Claude Houssou lance la phase II pour le bonheur des populations

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En présence du représentant résident de l’Uemoa au Bénin, Yawovi Batchassi, du directeur de l’Aberme, Francis Tchekpo et des cadres du ministère de l’énergie, le ministre de l’Énergie Dona Jean-Claude Houssou a procédé ce jeudi 06 mai 2021 dans les locaux dudit ministère au lancement officiel du volet 2 du Programme régional de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (Prodere) au Bénin.

Bonne nouvelle pour la politique des énergies renouvelables au Bénin. En tout cas, tout porte à le dire avec le lancement du volet 2 du Programme régional de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (Prodere) après un succès mitigé de son premier volet.

Ce volet 2 entièrement financé par l’Uemoa est venu en renfort aux acquis du volet 1. Car d’un coût total de 2. 430. 961. 990 Fcfa, ce projet dont la durée de mise en œuvre est de 24 mois permettra d’étendre et d’amplifier efficacement les retombées du Prodere1.

De façon pratique, ce projet consistera à la substitution de 4500 lampadaires solaires d’éclairage public par des lampadaires Led à basse consommation dont 2500 dans les communes de Cotonou, Porto-Novo, Parakou, Abomey-Calavi, Abomey et Bohicon et 2000 repartis dans les autres communes.

Il consistera également à l’acquisition et à l’installation de 500 lampadaires solaires de «type All in One» dans les localités rurales frontalières et dans les abords de postes péage de pesage; à la construction et à l’exploitation de microcentrales solaires photovoltaïques dont le nombre à réaliser sera déterminé par les conclusions des études de faisabilité à conduire dans un ensemble de 22 localités rurales du Bénin.

Prenant la parole au cours de cette cérémonie, le Directeur de l’Aberme Francis Tchekpo, a laissé entendre qu’il était impérieux de créer les conditions nécessaires grâce aux accords de coopération régionale et sous régionale afin de permettre aux pays de régler leurs besoins dans le sous-secteur de l’électrification rurale.

Ainsi l’Uemoa a soutenu le Bénin à réaliser cette initiative en finançant ce programme qui est à sa 2ème phase, a ajouté le directeur de l’Aberme. Cette 2ème phase du Prodere cadre bien avec la vision du gouvernement en ce qui concerne le développement des énergies renouvelables et la maitrise des consommations à travers l’efficacité énergétique a-t-il conclu.

Pour sa part, le Représentant Résident de l’Uemoa à Cotonou, Yawovi Batchassi a rappelé les réalisations du volet1 du Prodere lancé en 2013 notamment l’installation au Bénin de 6 mini centrales et réseaux-électriques solaires, de 164 kits solaires, de 676 lampadaires solaires, de 1303 lampes à basse consommation dans l’éclairage public… etc

Avant de procéder au lancement proprement dit, le ministre de l’Energie Dona Jean-Claude Houssou a renouvelé la gratitude du Gouvernement pour l’intérêt accordé à la transformation socioéconomique du Bénin à travers cette initiative.

Aussi a-t-il insisté sur la qualité et le delai de réalisation de cette deuxième phase du Programme régional de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (Prodere), ainsi que la prise en compte de l’environnement dans lequel se déroule le projet.

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Macron avait prévenu Philippe dès 2017 qu’il envisageait de le remplacer à mi-mandat

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Il affirme qu’il en avait «parlé» à Édouard Philippe dès 2017. Pour Emmanuel Macron, remplacer son chef du gouvernement au bout de trois ans de mandat était nécessaire pour apporter «une respiration» au pays, et convenu d’avance avec le locataire de Matignon.

«Il n’y aurait pas eu la crise (sanitaire), je l’aurais fait juste après les municipales. (…) La durée de vie d’un premier ministre n’est pas forcément celle du président», tranche le chef de l’État, qui s’est confié dans le livre de notre confrère du Figaro, Arthur Berdah, à paraître ce jeudi 6 mai : Emmanuel Macron, vérités et légendes (Éd. Perrin).

Édouard Philippe a donc quitté Matignon le 3 juillet dernier parce que ce renouvellement constitue, aux yeux d’Emmanuel Macron, «une forme de respiration dans la vie du pays au bout de trois années».

Et ce «sans qu’il y ait aucun critère personnel ou de confiance qui rentre en jeu», ajoute le président. Invité de France Inter le 7 avril dernier, le maire du Havre avait pourtant laissé entendre que cette idée venait de lui :

«Moi je lui avais dit que je proposerai la démission du gouvernement dès après les municipales. (…) Après tout, il était naturel que cette question se pose au moment de l’après municipales», a-t-il assuré.

Dans ce livre, dont le dernier entretien avec le chef de l’État a été réalisé fin septembre 2020, des questions plus personnelles sont également abordées, comme la difficulté pour un président de nouer des amitiés désintéressées. «Il faut être lucide, on a les amis qu’on avait avant», reconnaît-il.

«La politique, ce n’est pas des moments où on (s’en) fait. En tout cas de manière sincère. Ce qui va avec l’amitié, c’est-à-dire le désintéressement, (…) est faussé par la fonction».

Emmanuel Macron répond aussi à ceux qu’il accuse de faire de la surenchère sur les questions de sécurité. «Ceux qui prétendent être ‘régaliens’ sont les meilleurs alliés de leurs ennemis. Parce qu’ils exacerbent des tensions, ils ne s’attaquent pas au cœur du problème et ils rabattent une partie de la population vers la caricature qu’ils font des sujets», assène-t-il.

«Au fond, les gens pensent qu’être ‘régalien’, c’est être brutal avec une partie de la société. D’ailleurs, ceux qui ont les mots les plus forts ont généralement eu des actions très faibles. Moi, je crois à l’efficacité. Je n’ai jamais été dans l’hystérisation de ce sujet».

Revenant sur la crise des «gilets jaunes», enfin, il voit toujours les Français comme «un peuple de jacqueries» et évoque «un pays monarchiste et régicide» où l’«on aime avoir un chef – et maintenant l’élire ! – pour pouvoir le tuer quand les choses vont mal». Tant qu’il n’aura pas «réussi à recréer un cadre commun», estime-t-il, la crise «reviendra».

Avec AFP

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